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Saint Raph
(2ème et 3ème degré)

Histoire de Saint Raph

1 Le premier souffle de Saint-Raphaël
DOUZE ANS AVEC LE PERE PASTOL  1907 - 1919

2 LES ANNEES DE GUERRE 1914-1918

3 D’UNE GUERRE A L’AUTRE  1919 - 1939 
Le second souffle de St-Raphaël

4 LA DEUXIÈME GUERRE 1940-1945

5 L'APRES-GUERRE 1945-1955

6 Le troisième souffle de St-Raphaël : LES CONSTRUCTIONS 1955-1970

7 Le temps des CONSTRUCTIONS et des grandes MUTATIONS SCOLAIRES 1970-1984

 

1. LE 1ER SOUFFLE DE SAINT-RAPHAËL : 12 ANS AVEC LE PÈRE PASTOL 1907-1919

À partir d’une maison de repos...

Avant 1907, était implantée sur le site de St-Raph, l’école catholique des « Soeurs de Dieupart ». Le bâtiment très rudimentaire, a été construit par les soins de la famille de Theux de Monjardin, en 1879. Sur la façade, une pierre du pays porte encore l’inscription « ECOLE CATHOLIQUE 1879 »,affichant ainsi clairement sa fonction. L’école avait été tenue d’abord par les Soeurs de St. Vincent de Paul, ensuite par les Soeurs du Sacré Coeur de Marie de La Hulpe.

En 1907, les religieuses vont s’installer plus confortablement à Aywaille (Ecole primaire Don BOSCO) et à Remouchamps (Institut St. JOSEPH). L’abbé DETHIER, curé de Deigné, aidé par le comité scolaire de la paroisse de Sougné, rachète l’immeuble et  présente la maison devenue libre aux Salésiens (Religieux de Don BOSCO) qui acceptent, avec l’idée d’en faire une maison de convalescence et de vacances pour les révérends Pères. Éventuellement, ceux-ci pourraient y organiser un patronage et, pourquoi pas, une école moyenne. Pour suivre un enseignement moyen, les jeunes de la région devaient, en effet, chercher un enseignement libre à Liège ou à Stavelot. En raison de son rôle initial de maison de repos, l’endroit  porta le nom de St-Raphaël, l’archange guérisseur de l’Ancien Testament. L’endroit convenait d’ailleurs très bien: on le décrivait à l’époque « isolé entre la commune d’Aywaille et celle de Remouchamps » et situé « en pleins champs ».

Le 4 décembre 1907 débarqua donc à St-Raph. le premier Salésien: un jeune abbé français de 28 ans, d’origine bretonne, le Père PASTOL. La maison était froide et vide, mais le P. Pastol sut créer rapidement un courant de sympathie: c’était à qui apporterait une petite table, deux chaises, un poêle à charbon, un peu de vaisselle...

On possède encore les premières pages de ce qui devait être la chronique de la maison. D’une écriture bien moulée, avec plume et encre, elle nous apprend la date officielle de la fondation de l’Institut St-Raphaël à Dieupart (Aywaille): le 19 décembre 1907. On mentionne le nom d’un fondateur étranger: Monsieur l’abbé DETHIER, révérend curé de Deigné.

Il faut également souligner l’intérêt immédiat que portèrent à la maison des laïcs dévoués tels que le ministre Francotte et le docteur Jacques Bonhomme qui habitaient tous deux à Remouchamps.

C’est d’ailleurs sur l’insistance du comité local d’hommes d’oeuvres que la maison de vacances va  très vite avoir vécu:le 28 février 1908, une classe primaire supérieure est créée; le reste va suivre très rapidement:

  • 28 février 1908: un cours primaire supérieur (fondation de l’école)
  • 1 mars 1908: l’école industrielle dominicale (57 élèves le 1er jour!)
  • 4 octobre 1908: l’école moyenne (1re année: 19 élèves; classe préparatoire : 27 élèves; cours industriels: 92 élèves).
  • 4 octobre 1909: une section spéciale agricole dominicale.
  • 16 juin 1910: bénédiction des nouvelles classes et de la statue de l’Archange Raphaël.
  • 4 janvier 1915: un quatrième degré annexé à l’école moyenne.

Des chiffres éloquents: Population scolaire quotidienne : en 1907: 14 élèves ET en 1910: 81 élèves.

De 1907 à 1919, le directeur  et animateur sera le Père PASTOL. « Sa puissante carrure, sa joviale bonhomie, son optimisme resteront longtemps célèbres des collines ardennaises aux falaises bretonnes autant que sa foi et son édifiante piété ». Le P. PASTOL dut assumer un mandat bien difficile : il y avait, bien sûr, une école balbutiante à mettre sur pied, mais en plus , il fallait survivre pendant ces quatre années tragiques de la guerre 14-18.Le petit passage ci-dessus repris dans un discours d’époque en dit long sur la manière dont il accomplit sa tâche.

Le 16 juin 1910, comme il est dit plus haut,  Monseigneur RUTTEN, évêque de Liège, bénit les nouvelles classes et la statue de l’archange Raphaël. Cette statue est toujours nichée dans la façade du « nouveau » bâtiment de l’époque  (en 1999: au rez-de-chaussée: réfectoire et cuisine; 1er étage: classes). L’ensemble aura coûté 30 000F.

Premiers élèves, premiers agrandissements, premiers finalistes, premiers anciens.

Voici les noms des tout premiers élèves tels qu’ils figurent dans les dossiers conservés. Il est plaisant d’y voir des noms bien de chez nous, que l’on retrouve, prénom compris dans la descendance actuelle.

D’aucuns y trouveront qui leur grand-père (ou arrière-grand-père), qui leur oncle, qui une connaissance familière ou célèbre dans la région :

Armand STRIVAY de Deigné
Emile MATAGNE de Sècheval
Alfred JORIS de Playe
Ulric MONSEUR de Kin
Nicolas PIRNAY de Sougné
Jules BOURGUET d’Aywaille
Alfred CARPENTIER de Sougné
Joseph JAMAGNE de Remouchamps
Firmin BONHOMME de Remouchamps
René CHEVRON de Lorcé
Ferdinand CARPENTIER de Sougné
Adolphe HALLET de Sougné
Joseph LEJEUNE de Sècheval
Jules BENOIT de Nonceveux.

Le 31 juillet 1911 : première session du jury chargé de délivrer les premiers certificats de l’école moyenne: 3 lauréats.

Le 19 mai 1912, « L’Echo Des Anciens » paraît pour la première fois. Il est intéressant de relever dans la préface du premier numéro les objectifs que s’étaient fixés les Anciens de l’époque. Il semble que la plupart de ceux-ci ont été respectés jusqu’à nos jours. Jugez plutôt :

« J’ai décidé de venir chez vous trois fois par an vous apporter des nouvelles de l’Institut. Je serai l’Echo fidèle des événements qui se passent à l’école où vous avez vécu de si belles heures. Je donnerai le compte rendu de la réunion des Anciens. Je me ferai l’écho de vos succès et je me plairai à chanter vos triomphes aux oreilles de vos camarades. Que si le malheur vient à vous frapper, je me ferai l’écho de vos plaintes et m’efforcerai d’embaumer vos plaies. Et pour que vous sachiez bien que je suis votre organe, je vous préviens d’ores et déjà, que je réserve une bonne place dans mes colonnes à votre prose ou à vos vers. Mais je ne veux pas être seulement une source d’informations intéressantes; je me propose de vous apporter des conseils précieux et de vous rappeler vos devoirs. »

Malheureusement, nous ne disposons que de cette seule trace des premiers « ECHO ».

Le 31 mai 1914  (2 mois avant la déclaration de la guerre),  première assemblée des Anciens.

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2. LES ANNÉES DE GUERRE 1914-1918

Il existe un volume relié intitulé « Correspondance des Anciens - Journal des tranchées », rédigé par M. l’abbé LERUDE, religieux salésien et aumônier militaire, qui mourut au service de la patrie le 9 avril 1918.

On retrouve dans cette correspondance des lettres de Fernand Vercheval, Léon Bonhomme, Alphonse Bonfond, Nicolas Pirnay, Joseph Hallet, Firmin Bonhomme... . On note, à propos de la liste des premiers élèves de 1908, publiée plus haut, que la plupart d’entre eux, dans les débuts de la guerre de 1914 s’engagèrent comme volontaires dans l’armée belge de l’Yser; deux d’entre eux furent tués au combat.

Remouchamps, Aywaille et St-Raphaël semblent ne pas avoir tellement souffert de la guerre; ce n’est pas le cas de Louveigné, dont parlent les articles de Mathieu Borguet: Louveigné connut en effet sa « semaine rouge »: 29 tués, 77 maisons incendiées...

Cette correspondance donne des nouvelles de l’un et de l’autre. Elle nous apprend que sur 10 ménages, 9 mangent des rutabagas, « aliment pauvre et dégoûtant ».

Le 20 septembre 1914, les Allemands donnent l’ordre aux Salésiens d’évacuer l’école qui devient caserne. Elle sera rouverte cependant le 4 janvier 1915.

Le 1er juin 1916, une lettre d’Ed Kaufman nous signale que « les Boches sont venus prendre le P. Pastol, baïonnette au canon, et l’ont emmené à Aywaille chez Brone ainsi que deux autres Pères. Les Boches lui reprochent d’avoir dit que les Russes étaient entrés à Berlin ». On croyait qu’ils allaient être fusillés. Grâce à Dieu, ils furent libérés le lendemain.

1917. Les cours se donnent régulièrement. Les professeurs sont les Pères Pastol, Roche, Jehin et Troupin.

Le 7 avril 1917, on fête « avec un éclat extraordinaire » le 10me anniversaire de la fondation.

11 novembre 1918. La guerre s’achève et on nous apprend que le Père Pastol fut l’âme des manifestations grandioses qui furent organisées dans la région pour célébrer l’armistice.

Le P.Pastol quittera St-Raph. en août 1919 et sera remplacé par le Père JEHIN.

Il restera un des tout grands hommes de St-Raphaël; sans lui, l’école ne serait pas ce qu’elle est.  Nous apprendrons plus tard qu’il deviendra Provincial des Salésiens de Belgique, mais, comme en témoignent ses lettres et ses visites à St-Raph., jamais il n’oubliera l’oeuvre qu’il avait créée dans sa chère vallée de l’Amblève.

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3. D’UNE GUERRE À L’AUTRE 1919-1939

Du Breton au Luxembourgeois : Le second souffle de Saint-Raphaël

Les années qui suivent le départ du P. Pastol paraissent calmes. Nous disposons d’ailleurs de très peu de documents relatifs à cette époque. Les quelques bribes dont nous disposons nous sont fournies par le journal fédéral des Anciens Elèves publié par la maison de Liège.

Nous apprenons ainsi  que, en 1921, St-Raphaël compte 95 élèves quotidiens et 90 élèves du dimanche. En 1923, un ancien élève de Remouchamps, L. HALLET, est ordonné prêtre et célèbre sa première messe à la chapelle (qui se trouvait à l’époque à l’endroit des cuisines, dernier bâtiment construit, comme en témoignent les croquis et les photos dont nous disposons).

À partir de mars 1925, c’est un Luxembourgeois qui prend dans ses mains solides le gouvernail de St-Raphaël: le Père GLOD.

À la même date - car St-Raphaël n’a jamais été l’affaire des seuls Salésiens - le docteur Jacques BONHOMME succède au ministre FRANCOTTE, président de l’A.S.B.L. qui s’est constituée en 1924.

Le journal fédéral, « L’Ami des Anciens », contient plusieurs pages fournies par St-Raphaël; on sent déjà la puissante influence du P. GLOD, souffle nouveau et rayonnant qui marque la région. Nous y trouvons, par exemple, la constitution du comité des Anciens Elèves, qui repart sur de nouvelles bases. Nous en citerons la composition à titre documentaire. De nombreuses familles régionales doivent encore se souvenir de ces aïeuls:

M. de HARENNE (Stoumont), Président d’honneur.
Dr Firmin BONHOMME (Remouchamps), Président.
Père GLOD, directeur de l’institut.
Fernand DECELLE (Sprimont), vice-président.
Romain RIXHON (Aywaille), secrétaire.
Père DREESEN, professeur à l’institut, trésorier.
Arthur MARECHAL (Oneux).
Louis BOUCHAT (Harzé).
Henri ROUSSEL (Comblain-au-Pont).
Emile COCQ (Louveigné).
Marcel LELOUP (Remouchamps).

Au cours de l’année 1927, les textes publiés évoquent de plus en plus les agrandissements envisagés à l’institut sous la forme d’appels à l’aide financière qui, à cette époque, faisait déjà cruellement défaut.

Pendant cette période aussi, le personnel s’étoffe quelque peu : en 1929, l’équipe comprend 7 Salésiens et 7 laïcs.

24 octobre 1928: date fort importante dans l’histoire de St-Raph. Ce jour-là s’ouvre ce qu’on appelait alors « l’école professionnelle des Métiers St-Raphaël »; ils étaient au départ 10 menuisiers et 12 mécaniciens. Les premiers cours pour les menuisiers se donnent dans le parloir d’entrée et pour les mécaniciens dans les bureaux du directeur lui-même. Trois professeurs assurent l’enseignement sous la direction du P.Glod: MM. René MAQUET, Auguste GOFFIN et Joseph BURON. En 1932, M. Emile QUINTART viendra les rejoindre.

Car les bâtiments sont en cours d’achèvement: le 2 décembre 1928, une grande aile toute neuve  reçoit la bénédiction solennelle de Monseigneur Kerkhofs, évêque de Liège. Au rez-de-chaussée, les deux ateliers (menuiserie, mécanique); à l’étage, la grande salle qui sert de salle de dessin en semaine et de théâtre le dimanche. Plus tard,  cet étage deviendra la chapelle (puis bâtiment B, classes à l’étage, administration au rez-de-chaussée -1995).

Dans la plaquette éditée à l’occasion de la bénédiction des locaux, on peut lire la description suivante :
«Le P. GLOD a bâti là tout en pierres un beau bâtiment de 35 mètres de long, 9 de large et 13 de haut. Il a installé là-dedans deux premiers ateliers qui déjà travaillent, une mécanique avec 18 élèves et une menuiserie avec 16 jeunes gens; et ce n’est que la moitié des constructions projetées. » Le commentateur ajoute: « L’ancien théâtre des vieilles constructions a été de ce fait transformé en chapelle. C’est une belle salle de 20 mètres de long et de 7 de large et qui peut contenir 160 personnes. Elle est très suffisante pour l’Institut. Le P. Glod y a fait percer des fenêtres romanes. »

Le Comité scolaire de l’époque est constitué de:

M. le Sénateur Raymond LEYNIERS, Président.
M. G. de MARCKEN de MERKEN.
M. le Comte Jules ANCION.
M. Nicolas FRERE.
M. Joseph CARPENTIER.
M. le docteur SEPTROUX.
M. Lambert HENFLING.
M. Adolphe HALLET.

Le docteur Jacques BONHOMME est Président de l’Association sans but lucratif « St-Raphaël » et le docteur Firmin BONHOMME (fils du précédent) est Président de l’Association des Anciens Elèves.

À titre documentaire, voici l’horaire auquel étaient astreints nos courageux aïeuls:

De 8h.1/2 à 11h.3/4 et de 13h. à 17h.30, tous les jours ouvrables, sauf les jeudi et samedi, où les cours terminent à 15h.

Quant au minerval, il était fixé à 100 francs pour la première année, à 75 francs pour la seconde et à 50 francs pour la troisième. Combien coûtait un pain à l’époque?...

Curieusement, la rentrée à l’école professionnelle était fixée cette année 1928, le 24 octobre. Les nouveaux bâtiments avaient sans doute pris un peu de retard...Les jeunes garçons pouvaient s’y faire inscrire à partir de leur 13me année « révolue ».

Dans le corps professoral, on note l’arrivée d’un nouveau, M. Fernand BURON de Sprimont, ancien élève; et le retour (?) du « cher Fernand LOUIS », comme l’appelait le chroniqueur de l’époque.

L’école moyenne comptait quant à elle 82 élèves auxquels se sont joints les 15 inscrits en professionnelle.

Le 17 septembre 1929, jour de rentrée après les vacances d’été, Saint-Raphaël comptera 117 inscrits. Il faut également acheter des machines :

En février 1930, on installe un nouveau tour (16 000 f) et une raboteuse (2180 f). Installation évidemment toute provisoire.

Le 26 octobre 1930, Mgr Kerkhofs reviendra pour bénir les agrandissements des classes de l’école moyenne dans le bâtiment où, en 1910, on avait installé les « nouvelles classes » et la statue de l’archange Raphaël (en 1996, cuisines et petit réfectoire, classes à l’étage).

Entre-temps, en 1929, signe d’un standing qui s’affirme, le téléphone a été installé: pour avoir St-Raphaël au bout du fil, il fallait demander le 172 à Aywaille (ces 3 chiffres sont gardés dans le numéro actuel: 844172).

En 1932, l’abri couvert qui servait aux vélos et aux motos est transformé en atelier: on y fera de l’ajustage et aussi, déjà, de la soudure autogène et ... de l’automobile.

En 1934, entre les deux ailes de l’ancien bâtiment, on pose le préau, qui continue à abriter les élèves, vaille que vaille, par temps de pluie.

D’autres transformations suivent, comme , par exemple, le dortoir (1935) et la salle d’étude (pour répondre aux besoins d’un internat), aménagés par une équipe de salésiens et de professeurs, dirigés par le P. Manguette.

Signe des (du) temps: le 18 décembre 1938, il gèle à -15°. Malgré les poêles, dans les classes, il fait...5 à 6°.

Octobre 1939: on parle à nouveau de bâtir. Mais la situation internationale s’assombrit et il faudra remettre à plus tard... .

La période 1919-1939 résumée en quelques dates et chiffres ...

Les structures

  • 1926: création d’une préparatoire à l’école moyenne.
  • 1928: création de l’école professionnelle menuiserie et mécanique.
  • 1935: création d’un pensionnat.

La population

  • 1920: 89 élèves.
  • 1930: 55 « apprentis » et 61 étudiants (+ x primaires)
  • 1938: 98 « apprentis », 91 étudiants (+ x primaires) dont 45 pensionnaires.

Les bâtiments

  • 1928: bâtiment « B », ancien théâtre, ancienne salle de dessin, ancienne chapelle.
  • 1930: bâtiment « A »  (le plus ancien) est rehaussé de deux étages: nouvelles classes et chambres pour les pères salésiens.

Les directeurs

  • 1907: le Père Pastol
  • 1919: le Père Jehin
  • 1922: le Père Xhaard
  • 1925: le Père Glod
  • 1931: le Père Dufour
  • 1934: le Père Glod

Le charme d’une époque

En ce temps, on avait, semble-t-il, le sens du travail scolaire, un certain respect de l’autorité, le sens également de la fête, religieuse ou profane.

Qu’on en juge par ces quelques extraits de la chronique :

L’école école

1928: Horaire de l’école professionnelle : de 8h30 à 11h45 et de 13h à 17h30 sauf les jeudis et samedis où les cours se terminent à 15h. L’enseignement pratique occupe les deux tiers de la journée. Le diplôme est décerné après trois ans.

1933: Pour nous faire une idée de la pédagogie de l’époque, voici quelques extraits de conférences données aux professeurs:

  • Le professeur est le délégué de Dieu, des parents et de l’Eglise.
  • Le professeur ne parlera pas wallon avec les élèves.
  • Peu de devoirs à domicile: quelques problèmes de temps à autre.
  • Douceur et patience obtiennent plus que sévérité excessive et brutalité de langage.

31 mai 1937: beaucoup d’élèves manquent l’école. Motifs : fenaison et... fête paroissiale !

La fête profane

2 décembre 1928: le banquet donné à l’occasion de l’inauguration des locaux de l’école professionnelle réunit 300 convives.

Décembre 1930: St Nicolas, patron du P. Glod, est toujours fêté avec éclat: messe basse le matin, grand-messe à 11h.; à 12h30, dîner de 150 couverts. À 15h, salut solennel. Enfin, soirée récréative au cours de laquelle « Tournée wallonne » interprète « Li Rinwerd » et « Victôr mareye ine baronne ». A l’entracte, pas moins de six discours!

28 février 1938: grand dîner offert aux prêtres des environs, les curés des paroisses, les doyens de Sprimont et Stavelot, les directeurs de Stavelot, de St-Roch... en tout, 32 convives.

21 juillet 1938: les professeurs, sous la conduite du P.Glod, font leur promenade habituelle au Luxembourg.

23 et 24 mai 1928: deux jours sur les routes. Deigné, Maison-Bois où l’on dort. Le lendemain, après la messe, Verviers. Puis, avec le bus, La Gileppe, Malmédy, Francorchamps, Spa et retour.

La fête religieuse

mars 1923:  première messe à Remouchamps d’un salésien ancien élève, originaire du village, le Père L. HALLET.

23 janvier 1937: premier jour de la neuvaine à Don BOSCO. Notre chapelle ne peut contenir la foule des fidèles venus pour le salut solennel de 20 heures.

27 mai 1937: toute l’école se rend en pèlerinage à Banneux, à vélo et en bus. Procession, chapelet, messe avec sermon par l’abbé JAMIN. Les internes rentrent par Maison-Bois et Pépinster d’où un bus les ramène à la maison.

Théâtre et sports

24 mars 1928: le soir de la pose de la première pierre de l’école professionnelles enfants donnent « La Mère Michel et son chat », opérette en un acte; les Anciens, deux comédies et une opérette en un acte d’Offenbach, « Le soixante- dix ». On parle même dans la chronique d’un orchestre de St-Raphaël.

Février 1930: « Nos amis de Sougné-Remouchamps viennent d’entrer dans l’Union Royale Belge » et ils inaugurent leur nouveau terrain situé près de Han par un tournoi amical doté d’une coupe offerte par « notre cher Directeur ».

Les Anciens

Octobre 1922: « L’Ami des Anciens », bulletin commun aux anciens de Liège, Tournai, Antoing, Exiles..., nous apprend que la vitalité de l’association des Anciens de Remouchamps est bien encourageante.

1928: Le président d’honneur de l’association est M. le Chevalier Charles-Albert de Harenne, qui a succédé à Messire Edgard de Potter d’Indoye. Le président effectif est M. le docteur Bonhomme.

vers debut

4. LA SECONDE GUERRE 1940-1945

Vendredi 10 mai: c’est la guerre !

Dès minuit, les évacués de Sougné arrivent à la Maison. Nos pensionnaires nous quittent dès 7 heures du matin, à pied. À 9 heures, les ponts et les routes sautent, ainsi que le chemin de fer; la Maison ne souffre pas de ces destructions.

C’est le début d’une époque difficile.

Aux premiers jours de la guerre, les soldats allemands occupent la maison, mais ne s’y installent pas. Dès le 25 mai, les cours reprennent, 25 élèves seulement se présentent. En septembre, tous les professeurs sont à leur poste, sauf le Père MIGNOLET, prisonnier en Allemagne; 150 élèves ont rallié l’école.

Le ravitaillement est difficile: il faut que le P. GLOD monte dans les Ardennes pour y pourvoir. On plante des pommes de terre; on élève un cochon… Mais le 24 décembre, on constate que des voleurs ont dérobé le cochon et toutes les poules!...

Entre 1940 et 1944, les archives restent fort discrètes, comme si St-Raph craignait que des documents tombent aux mains des Allemands.

Nous connaissons, en effet, des difficultés avec l’occupant: le 11 mars 1944, trois Allemands viennent prendre le P. VAN RAEDT et l’emmènent à la prison St-Léonard à Liège.

Et puis la guerre se termine.

Le 9 septembre 44, le pont de Remouchamps saute à 5 heures. Le canon tonne à notre porte. Une partie des confrères se met à l’abri (!) sous l’escalier des classes, côté cuisine.

Le 10 septembre, les drapeaux belges flottent à Aywaille.

Le 11, Remouchamps est libéré. Ce ne sera pourtant pas la fin de nos tribulations. Ce n’est que le 16 octobre que l’on essaye de reprendre les classes :les transports restent difficiles. Des soldats américains logent à l’école; le P. GOEMAERE leur sert d’interprète...

Le 11 mars 45 seulement, après l’anéantissement de l’offensive des Ardennes (bataille de Bastogne), le pont ferroviaire est remis en état et on peut songer sérieusement à reprendre le travail.

Tout cela n’empêche pas St-Raphaël d’aller de l’avant. On a ouvert le cycle supérieur des Humanités Modernes et le 16 juillet 1943, les premiers rhétoriciens se présentent à l’examen et ... le réussissent. Ce sont: Maurice LAMY de Poulseur, Marcel DEMAISON de Florzé, Hervé LACROIX de Filot, Victor RIXHON de Harzé et Roger BERTRAND de Banneux. La possibilité de poursuivre leurs études permettait aussi à certains d’entre eux d’échapper au travail obligatoire en Allemagne, voire de participer aux mouvements de la Résistance, mais ceci est une autre histoire... .

Malgré toutes les difficultés de ces moments pénibles, le nombre des élèves se maintient et le  P.GLOD, le 12 octobre 45, en réunion du conseil d’administration, constate qu’il est nécessaire et urgent d’agrandir. Cette « urgence » sera régulièrement reportée jusqu’en 1968 en raison des circonstances et des aléas de l’histoire. Le P. GLOD, malade, verra à peine la réalisation de son souhait.

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5. L’APRÈS-GUERRE 1945-1955

Le P. ROEDER, un homme calme mais qui va de l’avant, succède au P. GLOD... qui reviendra six ans plus tard pour son troisième directorat à St-Raphaël;  fatigué, il se retirera en 1954 pour céder la place au P. RENSON.

1945 –1955 : Dix années au cours desquelles il faut penser à s’organiser et à préparer l’avenir.

La population scolaire n’évolue pas sensiblement; aussi reporte-t-on régulièrement le projet de bâtir à des temps meilleurs (1958), même si on commence à se sentir à l’étroit. On va simplement « élargir » l’atelier de petite mécanique en octobre 46. En 47, on achète une parcelle de terrain en bordure de la route. En septembre 53, l’école primaire se transporte à Aywaille. Et, sur la fin du triennat du P. GLOD, on songe à installer l’école moyenne également à Aywaille.

Les exigences ministérielles ne sont pas encore ce qu’elles sont aujourd’hui, mais la chronique rapporte  qu’elles nous ont causé pas mal de soucis.

Par contre, en octobre 48, l’Etat prend à son compte le paiement des professeurs et, en 1951, il accorde un subside de 321 150f qui permettra d’acquérir une machine à scier les métaux, une fraiseuse, un tour parallèle et des machines à écrire pour le cours de dactylographie.

On s’organise : en septembre 54, il y a un conseiller pour les « étudiants », le Père HEBRANT; un conseiller pour les « apprentis », le Père POTIER; un catéchiste, le Père VAN PEVENAGE; un préfet, le Père LAIRESSE et un surveillant général, le Père Robert VAN STEENKISTE. Les Salésiens sont majoritaires : ils sont onze pour neuf professeurs laïcs.

C’est le temps où l’enseignement libre prend conscience de sa force et se rebiffe contre les injustices du gouvernement: le 24 octobre 54, premier coup de semonce de ce qu’on va appeler « la guerre scolaire »: l’ensemble des écoles libres fait grève (déjà à cette époque!).

Des noms qui apparaissent et qui nous sont familiers:

M. BERGMANS (coadjuteur salésien) enseigne à l’atelier de mécanique en septembre 43.

M. DELTOMBE qui sera le premier professeur de « gymnastique » de l’école prend ses fonctions en octobre 48.

Le Père BARTEN, en septembre 49, nous arrive comme professeur de langues avant d’être promu conseiller des étudiants en 59.

M. DAOUST qui termine son service militaire entame son apostolat mathématique en févr. 52.

Le Père ROBIJNS devient, pour l’année civile 54, professeur de français, avant de nous revenir comme professeur de langue, après une éclipse de six ans à Verviers.
M. BURETTE fait une timide apparition « d’intérimaire » en mars 55 avant de s’éclipser en juillet pour accomplir les 18 mois de son service militaire et revenir définitivement en 57.

Dates mémorables :

5 décembre 43: on fête les 25 ans de prêtrise du P. GLOD. Un grand banquet réunit plus de 400 convives...

Une trentaine de dames et demoiselles de Remouchamps assurent le service.

22 octobre 53: 25me anniversaire de l’école professionnelle, sous la présidence de Mgr. Kerchofs, évêque de Liège.
16 mai 54: autre anniversaire, le 40me de l’Association des Anciens et hommage au P. GLOD. C’est à cette occasion que fut inauguré le mémorial aux anciens élèves morts pour la Patrie, mémorial qui se trouve au palier de l’escalier extérieur de  l’ancienne chapelle  (bâtiment B).
À cette occasion également, match entre Remouchamps et une sélection d’Anciens (capitaine, Pierrot DALEM, ancienne vedette internationale).

Les Directeurs :

  • 1940 le P. GLOD
  • 1947 le P. ROEDER
  • 1951 le P. GLOD
  • 1954 le P. RENSON.

L’Ecole :

  • sept. 40 : création du cycle supérieur(économique) des humanités modernes.
  • sept. 40 : école moyenne, 84 élèves; école professionnelle, 85; école primaire, une soixantaine.
  • sept. 50 : école moyenne, 110 élèves; école professionnelle, 75, école primaire, une soixantaine.
  • sept. 53 : >l’école primaire est transférée à Aywaille; elle reste cependant attachée à St-Raphaël.
  • sept. 55 : >école moyenne, 81 élèves; école professionnelle, 91 élèves.

C’était, en 1951, le dernier passage du P. GLOD à la tête de son cher St-Raph. Chacun de ses séjours parmi nous a été marqué de l’empreinte de son dynamisme. Son attachement à l’Association des Anciens laissa chaque fois des traces dans le bulletin des Anciens, l’ECHO, qui prenait un nouveau départ. Les Anciens lui en sont profondément reconnaissants.

Le P. GLOD s’est éteint en 1960, à l’âge de 73 ans.

Mise au point...

Après la publication du dernier numéro de Juin, nous avons reçu des petites rectifications de l’historique par des témoins de l’époque. Nous tenons évidemment à vous en faire part. Rien ne peut remplacer le témoignage des acteurs des faits racontés. Nous devons rappeler que les sources dont nous disposons restent très maigres puisqu’il s’agit d’un seul document publié par le P. HELLIN il y a une quinzaine d’années. Tous ces compléments d’information ou ces rectifications sont toujours les bienvenus à condition, bien sûr, de respecter les personnes et les faits. Nous remercions ceux qui nous en font part.

Le Père van Raad signale que

« Le P.Glod n’est jamais monté en Ardennes pour le ravitaillement, sauf pour prendre 20kgs de blé à Melreux. Je l’ai accompagné. Tout le reste du temps, j’ai fait le boulot.D’abord des sermons de charité et plus tard les courses, blé, porc, veau, génisse, mouton, oeufs dont je n’ai pas vu grand-chose sur la table de la communauté. X doit le savoir.

Le « vol » du cochon se résume à un coup de couteau (...). Puis le voleur s’est sauvé. Dans la mécanique en bas, on a tué de multiples porcs, jusqu’à 6 en une nuit. Ce jour-là, on mangeait du boudin noir. Je suis le seul survivant des témoins.

Les supérieurs ne brillaient pas par leur courage en se mettant à l’abri sous l’escalier entre la porte d’entrée et celle de la cour. Avec Mignolet, nous suivions les mouvements de la dernière bataille et la fuite des Allemands. Les Américains sont venus à la porte de la cour, mais personne n’a ouvert. ... »

Les points de suspension remplacent des mots illisibles, ce dont s’excuse le P.van Raad à la fin de sa lettre.

De M. Lucien THYRION, nous recevons cette rectification dans laquelle nous le sentons un peu triste, à juste titre, d’avoir été oublié.

Dans votre périodique je constate une petite méprise: J’ai terminé mes études rhétoriques fin juillet 1943 (nous étions 6 élèves et non 5) et je vois qu’à la page 6 n’est pas mentionné mon nom.

Tous deux terminent leur lettre par des mots d’encouragement; nous les en remercions vivement, ainsi que pour la peine qu’ils ont prise de nous envoyer ces petits rectificatifs.

On nous signale aussi que M. Albert Deltombe avait été précédé dans ses fonctions de professeur d’éducation physique par M. Baudenelle dans les années 45, 46... . Dont acte.

vers debut

6. LE TROISIÈME SOUFFLE DE SAINT-RAPHAËL : LE TEMPS DES CONSTRUCTIONS 1955-1970

Les directeurs

  • 1954: Le P. RENSON
  • 1960: Le P. HODCHAMPS
  • 1966: Le PERDANG

L’évolution de l’oeuvre scolaire

  • 1955: 81 élèves en humanités modernes;  91 en « technique »
  • 1965: 97 élèves en humanités modernes; 183 en « technique »
  • 1970: 94 élèves en humanités modernes; 190 en « technique »
  • sept. 57: création d’une 5me spéciale électricité.
  • sept. 69: L’ETSI mécanique devient ETSI(A3) électromécanique.
  • sept. 70: ouverture de l’ETSS (A2) électromécanique.

Ces quinze années voient une montée extraordinaire des effectifs de l’école technique, qui vont plus que doubler.

Des problèmes de locaux et d’équipement vont se poser. Heureusement, il se trouvera au bon moment des directeurs bâtisseurs, le P. RENSON, particulièrement.

En 1956, on accepte 20 internes de plus, qui vont loger, avec un confrère, dans trois locaux du château de M. le Chevalier de THEUX.

Mars 58: Monseigneur VAN ZUYLEN inaugure la première partie (côté Aywaille) du bâtiment qui abrite actuellement les ateliers (menuiserie, mécanique) et des classes et labos au dernier étage.

Septembre 66: on place le bouquet sur le gros oeuvre de la deuxième partie de ce même bâtiment (côté Remouchamps). Les ouvriers de M. GHYSELEN, l’entrepreneur, sont invités à cette occasion à partager un morceau de « dorêye » et à boire le verre de pèket.

Au cours des vacances 67, suivront d’importantes transformations dans la disposition des locaux: la salle de gymnastique (niveau cour de récréation) devient atelier de menuiserie... . La mécanique s’enrichit cette année-là de deux tours Celtic et d’un étau-limeur. A signaler également la mise à feu du chauffage central le 18 sept. 62; avant cette date, vers la fin du mois d’octobre, aux premiers frimas, M.BERGMANS levé à la fine pointe de l’aube allait allumer les poêles au charbon dans les classes et ateliers.

Il faut trouver des fonds pour faire face à toutes ces dépenses; l’emprunt de 1.100.000 (à 3%!...) ne suffit pas; les initiatives se multiplient: une fancy-fair en 58 (elle deviendra traditionnelle); le 25 septembre 66, à l’initiative du comité des Anciens Elèves, est organisé le premier grand rallye touristique automobile: 62 voitures sont engagées; le vainqueur est notre ami Albert DUFAYS,alias Jean de la Lune, grand marcheur et poète à ses heures. En 1996, après une éclipse d’une douzaine d’années, le rallye St-Raph organisait sa vingtième édition...

En 67, on lance une tombola.

Il faut raccrocher à ces festivités de l’école la célébration du 50me anniversaire, le 20 mai 62, de l’Association  des Anciens élèves, qui devient « ROYALE » (A.R.A.E.). 50me anniversaire de l’ECHO, toujours fidèle, lui aussi.

Et l’organisation de l’école?

Avec l’augmentation prodigieuse de la population, l’école technique a maintenant un directeur sans classe,en 59, c’est le P.POTIER; mais la complexité administrative en est à ses débuts; il faudra à la tête un spécialiste et en 67, ce sera le P.HEYMANS. On les appelle « conseillers », comme le P. Barten qui est conseiller des étudiants à partir de septembre 59, remplaçant ainsi le P. HEBRANT.

Le nombre des professeurs laïcs s’accroît également : en 56, ils étaient 12 pour 12 salésiens. En 76, ils sont 44 et les salésiens 9. Un heureux hasard nous a fait retrouver la liste de tous les professeurs de 76-77 ; nous vous la communiquons, dans un certain désordre :

  • Directeur : Père RENSON,
  • Conseiller à  St-Raphaël (humanités « modernes ») : P. BARTE
  • Professeurs salésiens : P. FRANCOIS, P. GILSON, P. PEETERS, P . ROBIJNS, P. VAN HAM.
  • Professeurs laïcs :Yvonne BELLIN, M-Louise BRAGARD, Sabine GOHY, J-Marie MAQUET, André NICOLAS, Annie RESIMONT, Annie MOISE, André SILVESTRE, Jacqueline WERBROUCK, Bertrand DEFOSSE, Michel HENDRICKX, Robert JACQUEMIN, Fernand SADZOT, Jean-Claude SALMON, Freddy BODET, Jean GUYOT, Yolande ORBAN, Joseph DAOUST, Albert DELTOMBE, Martine NATALIS.
  • Conseiller Institut Don Bosco (école technique et professionnelle) : P. HEYMANS.
  • Salésien : Abbé Paul BELBOOM.
  • Professeurs laïcs : André BIET, Armand BURETTE, Fernand GUISSARD, Léon LIBIOUL, Camille MAKA, Joseph CARPENTIER, Michel GOFFIN, Yvon JOHNEN, Marcel COURTOY, Pierre ELOY (Chef d’atelier), Michel ARCQ, Francis BEAUJEAN, Alain BODET, J-Marie BREVERS, Philippe COMBLE, Andrée VAN DE KAN, Jean-Nicolas LEMEUNIER, Roger QUICKELS, Edmond ROBERTY, André RAWAY, M-Thérèse HEUCHENNE, Georges ZONDERMAN, Charly  DE FLINES.

Certains professeurs assuraient des cours à la fois à St-Raphaël et à Don Bosco ; ils ne sont mentionnés qu’une fois.

Parmi les plus anciens de cette équipe, hormis ceux déjà mentionnés plus haut : MM. BIET, MAKA, DAOUST, DEFOSSE, DELTOMBE et BURETTE. Nous relevons les noms de M. COURTOY en septembre 57, MM. SADZOT et LAMBION en septembre 58 ; l’année suivante, MM. DAMHAUT (qui fut directeur à St-Joseph) et SALMON.

En 59 également, un jeune ancien élève, André SILVESTRE ? étudiant à l’école normale, fait un stage à St-Raphaël ; deux ans plus tard, il y revient... comme professeur.

Deux salésiens, le P. DOUTRELUIGNE et le P. VAN HAM, arrivent en 62 et, en 64, un nouveau professeur de mécanique entre en fonction.

QUINZE ANNEES RICHES D’INITIATIVES

Sport : le 18 février 59, finale du championnat scolaire de football au terrain de Tilleur : notre équipe l’emporte sur celle du collège St-Barthélemy. Un délire inexprimable salue cette victoire, dit la chronique. D’ailleurs, ceux qui ont vécu ces moments de tension en parlent encore... .

Théâtre: 2 février 56, nos élèves de première sous la direction du P. HEBRANT, vont jouer « Construire» à St-Roch ; on rejouera à Farnières, à Remouchamps et à Liège. D’autres titres : le 8 décembre 56, « Service » et « Les Petits Pèlerins de Notre-Dame » ; et encore « Le drame du Nord-Express», « Les Statues du Colonel» en 59, « La Vipère Rouge», « Le tribunal en Folie » en 60.

Cinéma: Grâce au nouvel appareil acheté par M. BERGMANS en 56, on projette tous les titres importants de l’époque : « L’extravagant Mr Deeds», « La bataille de l’eau lourde», « Robin des bois»,« Cette sacrée famille»... . C’est M. BERGMANS, grand maître du choix des films qui se chargeait d’expurger discrètement toute scène qu’il jugeait tendancieuse ; on se demande encore si, avant de renvoyer les films, il recollait les morceaux qu’il soustrayait aux regards innocents... .

Camps;: En août 59, un camp est organisé à Bérismenil sous la direction des PP. FRANCOIS et VANSTEENKISTE (Robert).

En 67, le P. GHISLAIN organise un pèlerinage à Lourdes avec une quinzaine d’élèves.. C’est le début d’une longue série de pèlerinages (Lourdes, Turin, Taizé) et de camps de montagne.

Animation religieuse : A partir de 61, on instaure « L’exercice de la Bonne Mort » pour les anciens qui peuvent ainsi se retrouver chaque troisième dimanche du mois. Sans porter le même nom, cette retrouvaille existe toujours le troisième dimanche de chaque mois.

QUINZE ANNEES D’INTERROGATIONS

Ces interrogations, il faut le dire tout de suite, ne sont pas le fait de St-Raphaël. Elles font partie de l’air du temps : c’est, en effet, le temps où l’on remet en question beaucoup de choses que l’on a vécues plus ou moins tranquillement jusque là. Le Concile Vatican II et mai 68 sont contemporains de cette époque et ce n’est pas un hasard.
Une certaine rigueur de vie est abandonnée. Rappelons qu’en 55, les internes se lèvent encore à 6h45, les confrères salésiens à 5h45 ;la messe est à 7h15. Le soir, étude de 17 à 19h ; ensuite de 19h45 à 20h30, prière du soir et coucher (au dortoir commun, avec lecture à haute voix...). Jusqu’au 10 novembre 61, nos internes ne rentrent pas chez eux le week-end ; on accorde ce jour-là pour la première fois le congé de la mi-trimestre.

En décembre 60, il n’y a pas encore de TV à St-Raphaël ; les salésiens vont chez M.HAUSMAN pour suivre les cérémonies du mariage de Baudouin et Fabiola... .

Autres signes des « temps nouveaux » :

le 19 novembre, la première automobile entre au service de la communauté .

le 30 avril 63, le P. Directeur donne à chaque confrère « la possibilité de se faire confectionner sur mesure un clergyman de son choix ».Ainsi se termine l’ère des soutanes, si faciles pour camoufler le ballon au cours des matches de foot... .

Dans le domaine scolaire, des interrogations aussi...

à propos de discipline, des remarques que l’on croirait tirées de la chronique des années 90 : il n’y a pas assez de surveillants à la cour ; il y a du désordre au réfectoire ; on regrette que certains élèves partent trop tôt et vont traîner à Aywaille : perpétuel bégaiement de l’histoire... .

  • à propos d’ouverture de section : du côté technique, on instaure l’électronique en A3, l’électro-mécanique en A2, en 70.
    En 57, on examine la possibilité d’ouvrir une section latin-grec : l’expérience est abandonnée après    4 années de vie difficile.
    En 70, on commence à parler d’enseignement rénové.
    En 71, ouverture d’une scientifique B.
  • à propos de mixité. Selon la chronique, on en parle pour la première fois le 11 novembre 66, au chapitre de la maison. On y reviendra en 67, en 68 et en 69 ; elle fera l’objet d’assemblées parfois difficiles et ne trouvera sa solution qu’à la rentrée de septembre 71.
  • dans l’idée que l’on se fait de l’autorité : Pensez qu’en 56, on fêtait le P. Directeur, comme on disait, et celui-ci pouvait encore se permettre     d’offrir un « frisko » à tous les élèves et... un jour de congé. Jusqu'à cette époque, la seule autorité de gouvernement dans la maison était celle du Directeur, aidé de ce qu’on appelle le chapitre : le préfet, le catéchiste, les conseillers. C’est à cette autorité qu’il revenait de faire le calendrier des fêtes, des examens, du choix des films à projeter aux élèves...

Le 3 septembre 70 est installée une première forme de ce qu’on appellera la « participation » : c’est le conseil de direction. Il est composé de MM. DEFOSSE, BURETTE, DELTOMBE et ELOY.

Mais c’est sans doute dans le domaine religieux... ... que la crise se fait davantage sentir.

En 56, l’exercice de la Bonne Mort est célébré fidèlement chaque mois pour tous les élèves. Dominique Savio est fêté par un triduum ; il y a ce que l’on appelait les Compagnies (de St Joseph, de l’Immaculée...) ; la retraite pascale est prêchée par deux Capucins, avec clôture solennelle et communion générale ; le chemin de croix est suivi chaque vendredi du carême ; le 14 janvier, les apprentis entrant en examens, le Veni Creator est chanté à la messe tous les jours. En mai 56, le salut quotidien est rétabli. On célèbre le mois de St. Joseph, les neuvaines de l’Immaculée, de St. Jean Bosco et j’en passe... .

Le 17 décembre 62, la neuvaine de Noël est chantée par un groupe de petits chantres en aube sous la direction du P. VAN HAM.

Entre-temps...

La réforme liturgique s’impose. En novembre 57, on permet une « messe dialoguée » en français une fois par semaine ; le 18 février 65, on inaugure la liturgie en français et un nouvel autel est installé le 27 juillet.

Mais St-Raphaël ne peut échapper aux interrogations qui se posent dans tous les instituts d’enseignement catholique.

Le 1 juillet 66, on se demande s’il faut maintenir la messe quotidienne pour les internes. En 69, la messe quotidienne est libre, mais la prière du matin reste obligatoire. En 70, la retraite extérieure est réservée aux finalistes ; un jour de récollection est organisé pour les autres.

Le 20 novembre 70, en parlant de la préparation du 8 décembre, on se rend compte qu’il est difficile de remplacer les pratiques que l’on a abandonnées.

En 71, on abandonne la célébration extérieure de la neuvaine à St Jean Bosco.

Incontestablement, il y a crise. Et cette crise, nous en ressentons encore les effets en cette fin de millénaire. Mais crise n’est pas synonyme de déclin : elle peut être un appel à réajuster nos objectifs, à les situer dans la perspective des temps futurs. Elle peut être un appel à progresser...

vers debut

7. LE TEMPS DES CONSTRUCTIONS ET DES GRANDES MUTATIONS SCOLAIRES 1970-1984

Quand le bâtiment va...

De 70 à 80, on bâtit allègrement : les bâtisseurs sont le P.GHISLAIN et surtout le P. RENSON, dont St-Raphaël vraiment ne peut se passer et qui revient pour la troisième fois ; l’architecte est un ancien élève : Jean-Louis GOFFIN.

  • En septembre 71, un bal marque l’inauguration de la salle omnisports et de la salle annexe, qui sert de réfectoire aux externes ; pour faire bonne mesure, on y installera solennellement le 8 novembre un crucifix et une icône.
  • En 75, nouvelle étape dans la rénovation des bâtiments. Le 31 janvier, on célèbre la messe de Don Bosco dans la nouvelle chapelle, qui n’est pas encore tout à fait terminée. L’inauguration officielle du bâtiment de communauté, qu’on appelle « le couvent », la chapelle et le premier bâtiment de l’internat a lieu le 23 mai ; le décor sonore est assuré par la fanfare de notre maison de Liège et le ruban d’honneur est coupé par M. le Député GRAFE.
  • Le 20 avril 1976, 14h50. On vient de changer de cours. A ce moment, sur le toit de l’école technique, que des ouvriers sont en train de réparer, apparaît de la fumée. On ne s’inquiète pas immédiatement, mais quelques instants plus tard, on s’aperçoit que le toit est en feu.

L’évacuation des locaux se fait en bon ordre. Les pompiers d’Aywaille interviennent immédiatement, mais il faut faire appel à Theux, Hamoir, Liège et à la Protection Civile. Malgré les efforts déployés, le 2me étage de l’école technique et le dortoir sont détruits.

Après avoir accusé le coup, le P. RENSON reprend vite courage : on nettoie, on déblaie, on fait appel à la générosité des amis de St-Raphaël : la fancy-fair atteint cette année-là une affluence record. Le 28 avril les cours ont repris normalement. Les corps de métier se succèdent et le 1er septembre, tout est refait à neuf. Affluence record également en 1re année : 71 élèves en 6me moderne et 59 en première technique.

  • Octobre  79. Le P. RENSON lance un « prêt sans intérêt » pour aider à financer de nouvelles constructions : il s’agit de la 2me partie du bâtiment de l’internat. Elle sera terminée juste à temps pour le 1er septembre 80: l’inauguration est marquée par un défilé de lits, de matelas, de tables et d’armoires, qui vont quitter le dortoir désormais vide, descendre les escaliers et s’installer dans les chambrettes où des ouvriers terminent de travailler.
  • A partir de 80, on arrête provisoirement les constructions. Cependant, il faut faire face à l’accroissement continu de la population scolaire : on jouera avec les cloisons, on utilisera les coins et recoins encore disponibles ; on mordra même sur les bâtiments d’internat...